Le doctorat professionnel


Atelier du 19 janvier 2012, dont vous trouverez l’enregistrement sonore sous ce lien.

Enjeux

L’atelier du jeudi 19 février auquel une quarantaine de professionnels, de doctorants/docteurs et d’étudiants ont assisté proposait de découvrir le doctorat professionnel en sciences sociales, autour de son cofondateur Dominique Desjeux, Professeur d’anthropologie sociale et culturelle à l’université Paris V.

La problématique soulevée lors de cet atelier était la suivante : Comment cette formation innovante et « provocante » pour le monde de la recherche en sciences sociales garantit un apprentissage des codes et des besoins du monde de l’entreprise et favorise l’insertion professionnelle des futurs docteurs ?

Réponses

Présentation de Dominique Desjeux - Le doctorat professionnelDominique Desjeux a tout d’abord rappelé l’originalité d’un tel programme et les critiques que celui-ci suscite, le faisant parfois passer pour une forme « impure » de recherche en sociologie.

Loin des préoccupations académiques et des querelles de paroisses (disciplines, écoles, méthodologies, etc.), les entreprises ne se mettent pas, d’elles-mêmes, en quête de chercheurs. Les docteurs doivent donc être formés à dépasser leur ancrage académique et ainsi répondre aux besoins de l’entreprise.

Le doctorat professionnel mène à la rédaction d’une thèse, somme de trois mémoires de recherche réalisés par le doctorant sur des problèmes soulevés par l’entreprise qui l’emploie. Fondé sur le modèle du magistère, cette formation délivre chaque année au-delà du Master 2 et jusqu’à la soutenance de la thèse (ici, Bac+8), un diplôme par validation d’acquis.

Pour définir la relation originale qui lie entreprise et doctorant, Dominique Desjeux a développé le concept de Research On Demand. Une entreprise qui manifeste le besoin d’une enquête portant, par exemple, sur le développement d’un marché recrute un doctorant/docteur. Au travers des « interviews » réalisées et suivant une méthode inductive, le chercheur en sciences sociales redéfinit les contours de cette étude et donne à voir à son client ce qu’un « consultant n’aurait pas remarqué » (sic.). Ainsi, s’engage parfois un véritable rapport de force entre le chercheur et certains professionnels de l’entreprise – des départements communication ou marketing par exemple.

Entre autres conseils bien utiles pour parvenir à décrocher des contrats, Desjeux souligne la nécessité de savoir s’adapter. Traiter des problématiques originales, s’ouvrir à d’autres disciplines, être à l’écoute des entrepreneurs et de leurs clients doivent permettre au chercheur en sciences humaines et sociales de saisir les évolutions de la société.

Dominique Desjeux estime donc inévitable et indispensable ce tournant professionnel du doctorat, qui, en poussant les chercheurs à explorer de nouveaux territoires des sciences sociales, favorisera leur emploi.

Débats

Plusieurs questions de l’auditoire sont venues interroger et critiquer cette présentation de la formation doctorale parmi lesquelles « l’utilisation » de la recherche à des fins marchandes et donc son « aliénation ». Également soulevée, la question de l’utilité réelle d’une formation spécifiquement professionnelle alors que le docteur « traditionnel » développe déjà durant tout son parcours doctoral des capacités qu’il doit être capable de « recycler » sur le marché professionnel. Le débat a également été animé par la question de la réception de cette formation parmi les enseignants-chercheurs et les doctorants eux-mêmes, et qui tend à faire craindre le développement d’un doctorat à deux vitesses, loin des canons traditionnels.

À vous !

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La séance "Le doctorat professionnel" a été :

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