Je prends l’antenne


Atelier du mercredi 11 Avril 2012, dont vous trouverez l’enregistrement sonore sous ce lien.

Enjeux

Lors de cette séance « Je prends l’antenne : un sociologue dans les médias », nous recevions Guillaume Erner, sociologue dont les recherches dirigées alors par Raymond Boudon ont d’abord porté sur l’antisémitisme, et par la suite sur la sociologie de la mode. Il est aujourd’hui, animateur de l’émission « Service Public » sur France Inter et chroniqueur sur iTélé et Canal+.

Guillaume Erner s’est prêté au jeu d’une« égo-sociologie », intéressante, selon lui, pour cerner les déterminants qui conduisent des étudiants à la recherche. Il a ainsi évoqué son propre parcours l’emmenant tour à tour du monde des affaires – quartier du sentier à Paris – à la thèse de sociologie, puis de l’université aux studios radio et télé.

En organisant cette séance, nous souhaitions approfondir une problématique déjà abordée lors de l’intervention de Christophe Deloire : celle des rapports, des passerelles et des obstacles entre les mondes journalistique et universitaire.
Peut-on conjuguer les exigences de chacun des deux mondes : le temps long et l’immersion dans un terrain pour le chercheur et l’immédiateté qui prévaut dans le monde des médias ?

Réponses

Après avoir dirigé des ateliers – Sciences Po- puis enseigné à l’Université – Institut catholique de Paris notamment – Guillaume Erner nous rapporte que son orientation vers le journalisme est un véritable choix motivé par une activité qu’il affectionne particulièrement, la vulgarisation des discours scientifiques. Dès lors ce projet offre une réponse originale à notre problématique : le « journaliste-sociologue » est celui qui, initié aux codes des deux mondes, opère avant tout comme un « passeur » de savoirs de la sphère scientifique à la sphère profane.

Etre un « sociologue à l’antenne » ne signifie pas faire d’une émission un cours de sciences humaines, mais proposer, à l’aide d’outils et d’études de SHS, une analyse complexe, et accessible pour des non-initiés, des phénomènes de société. Ainsi en est-il de la compatibilité des missions du journaliste et du sociologue : informer tout en luttant contre des « représentations ».

Par son effort de diffusion et de retraduction des écrits scientifiques à un public « non-expert », le « sociologue dans les médias » peut donc s’affranchir du paradoxe précité.
A cet effet, Guillaume Erner observe que la radio, moins soumise aux contraintes de l’audimat que la télévision, demeure, entre les deux, le média le plus propice à cette mission de transmission des savoirs.

Le passage de l’univers académique à celui du journalisme nécessite néanmoins un apprentissage des « codes » propre à ce dernier, connus de ceux qui ont suivi une formation dans une école de journalisme. Eviter les phrases longues et détaillées au profit de phrases courtes qui vont droit au but. Accepter la frustration de voir un propos nuancé énoncé en une idée tranchée. Ou encore, retenir le résultat plus que le cheminement intellectuel qui le sous-tend.
Passé de l’autre côté de la « barrière », Guillaume Erner témoigne des difficultés que connaissent certains scientifiques, qui interviennent dans ses émissions, à saisir toutes ces contraintes.

Débats

Guillaume Erner nous a expliqué qu’iTélé lui fait parvenir le sujet de l’actualité sur lequel devrait porter sa chronique. Dans la droite ligne de ce qui a été soulevé lors du précédent atelier -sur « l’effet de mode » des thèses publiées-, ce point a interpellé les auditeurs.

En effet, docteurs et doctorants revendiquent avec force une recherche libre de toute contrainte sociétale. C’est donc au chercheur qu’il revient de susciter des questionnements, et ce, en dehors des préoccupations de la société.
Comment donc ne pas être frustré par cette relation commanditaire/missionné ? C’est en profitant des propres pratiques du journalisme que Guillaume Erner est parvenu à se dégager de cette contrainte. En effet, la salle de rédaction devient le lieu de discussion privilégié avec un rédacteur en chef, soit afin de se saisir de ce sujet et d’en proposer une nouvelle lecture, soit afin de le refuser, parce qu’il est justement trop assujetti à des « représentations ».

À vous !

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La séance "Je prends l'antennef" a été :

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